Autonomie & réserve
- Pourquoi on calcule ça
- Une voiture qui tombe en panne d'essence s'arrête sur le bas-côté — gênant, mais sans danger. Un avion qui tombe en panne d'essence en vol n'a pas de bas-côté. Il faut donc savoir, avant de décoller, très précisément combien de temps le carburant embarqué permet de voler — et garder toujours une marge de sécurité qu'on ne prévoit jamais d'entamer.
- C'est quoi
- Le carburant utilisable divisé par la consommation horaire donne l'autonomie totale. On en retranche la réserve réglementaire pour obtenir l'autonomie réellement disponible pour le vol.
- La règle
- En VFR, la réserve minimale est de 30 minutes de jour et 45 minutes de nuit, à la consommation de croisière — du carburant qu'on ne prévoit jamais d'utiliser pour la navigation elle-même.
- Le piège
- Une jauge de carburant est imprécise, surtout au sol et en virage. On vérifie le niveau visuellement avant le vol, et on calcule l'autonomie à partir de ce qu'on a vu, pas de ce que la jauge affiche en vol.
L'autonomie totale (carburant utilisable ÷ consommation) n'est pas ce qu'on a le droit d'utiliser pour naviguer : la réserve réglementaire doit rester intacte à l'arrivée, prévue pour absorber un contournement météo, un trafic qui retarde l'atterrissage, un déroutement.
La consommation horaire elle-même varie avec la puissance utilisée et le réglage de richesse (revoir la station Carburant & richesse du niveau 1) : un calcul de préparation de vol utilise la consommation de croisière, pas celle du décollage.
Quelle est la réserve réglementaire minimale en VFR de jour, puis de nuit ?
La réserve réglementaire peut-elle être utilisée pour absorber un léger retard prévu ? ⚠
Pourquoi ne fait-on pas confiance à la jauge de carburant seule avant le vol ?
Quelle consommation horaire utilise-t-on pour calculer l'autonomie de préparation de vol ?
L'autonomie totale correspond-elle au temps de navigation maximal autorisé ?
Deux avions consomment 30 L/h avec 90 L à bord. L'un vole de jour, l'autre de nuit. Ont-ils la même autonomie utile ?
IAS, CAS, TAS les 3 façons de mesurer la vitesse de l'avion
- Pourquoi trois vitesses, pas une
- Le compteur d'une voiture lit ta vraie vitesse directement, parce qu'elle vient des roues qui tournent sur la route. Un avion en vol ne touche rien : son badin doit deviner la vitesse indirectement, en sentant la force du vent dans un tube. Problème : cette force dépend aussi de la densité de l'air, qui diminue avec l'altitude. La même « poussée » ressentie (la même IAS) correspond alors à une vitesse réelle de plus en plus grande à mesure qu'on monte — un peu comme devoir rouler toujours plus vite en altitude pour faire tourner un moulinet en papier à la même vitesse qu'au niveau de la mer.
- IAS
- La vitesse lue directement sur le badin — celle qui compte pour piloter : décrochage, Va, Vfe se lisent toutes en IAS.
- CAS
- L'IAS corrigée des petites erreurs d'installation du système Pitot-statique (position des prises). L'écart est en général faible sur un avion léger.
- TAS
- La CAS corrigée de la densité de l'air. L'air se raréfiant avec l'altitude, une même pression dynamique correspond à une vitesse réelle de plus en plus grande : la TAS augmente avec l'altitude pour une IAS constante — environ +2 % par 1000 ft.
Pour piloter — tenir une vitesse d'approche, éviter le décrochage — l'IAS est la seule référence qui compte : ces limites sont définies par rapport à la pression dynamique, pas à la vitesse réelle. Pour naviguer — calculer un temps de vol, une consommation, une heure d'arrivée — c'est le TAS qu'il faut, combiné au vent, pour obtenir la vitesse sol.
Négliger cet écart en croisière haute altitude fait sous-estimer sa vitesse réelle : la navigation calcule un temps de trajet trop long, et donc une consommation prévue trop élevée — ou, pire, une confiance erronée sur l'heure d'arrivée.
Quelle vitesse utilise-t-on pour respecter la vitesse de décrochage ou Va ?
Pourquoi le TAS est-il supérieur à l'IAS en altitude, pour un vol à IAS constante ? ⚠
Quelle vitesse combine-t-on au vent pour calculer une vitesse sol ?
Quelle est la règle approximative pour estimer le TAS à partir de l'IAS ?
Qu'est-ce que la CAS, et sa correction est-elle en général grande sur un avion léger ?
Un pilote navigue avec son IAS de croisière (120 kt) sans corriger, à 8000 ft. Sur-estime-t-il ou sous-estime-t-il sa vitesse réelle ?
Le circuit électrique
- Pourquoi on a besoin de ça
- Le moteur d'un avion, contrairement à celui d'une voiture, n'a pas vraiment besoin d'électricité pour tourner — l'allumage vient des magnétos, pas d'une batterie. Mais on veut quand même que la radio, l'éclairage et les instruments électriques fonctionnent tout au long du vol. C'est exactement le problème de ton téléphone : branché sur secteur, la batterie reste chargée indéfiniment ; débranché, tu vis sur sa charge stockée, qui finit par s'épuiser.
- C'est quoi
- Un alternateur, entraîné par le moteur, qui produit du courant en vol et recharge la batterie en continu. La batterie sert au démarrage et de secours si l'alternateur tombe en panne.
- À quoi ça sert
- Alimenter radio, transpondeur, instruments électriques, éclairage — rien qui fait voler l'avion (le moteur à essence n'a pas besoin d'électricité pour tourner, sauf certains modèles), mais rien pour communiquer ou naviguer proprement sans.
- La panne classique
- Une panne d'alternateur ne coupe rien immédiatement : la batterie prend le relais, seule. Son autonomie est limitée — quelques dizaines de minutes selon la charge branchée.
Le premier réflexe face à une panne d'alternateur n'est pas de paniquer, mais de délester : couper tout ce qui n'est pas indispensable (feux non requis, équipements de confort) pour faire durer la batterie assez longtemps pour atterrir sereinement — en gardant radio et instruments essentiels.
Sans délestage, la charge s'épuise à son rythme normal : c'est une panne qui ne se voit pas tant qu'on ne regarde pas l'ampèremètre ou le voyant dédié — d'où l'importance de scanner régulièrement ces indications, pas seulement les instruments de pilotage.
Quel est le premier réflexe face à une panne d'alternateur ?
Une panne d'alternateur arrête-t-elle immédiatement les équipements électriques ? ⚠
À quoi sert la batterie quand l'alternateur fonctionne normalement ?
Le moteur d'un avion léger a-t-il besoin d'électricité pour continuer à tourner ?
Comment détecte-t-on une panne d'alternateur en vol si on ne la cherche pas activement ?
Hélice : pas fixe ou pas variable l'angle des pales, réglable ou non
- Pourquoi on a besoin de ça
- Une pale d'hélice est une petite aile qui mord dans l'air, et comme une aile, elle ne « mord » efficacement qu'à un seul angle idéal pour une vitesse donnée. Problème : cet angle idéal change constamment avec la vitesse de l'avion. C'est le même problème qu'un vélo sans vitesses : pédaler dans un seul rapport fixe est efficace à plat, mais épuisant en côte et inutile en descente. Un dérailleur permet de changer de rapport pour garder toujours la même cadence efficace — un régulateur de pas fait exactement ça avec l'angle des pales.
- Pas fixe
- L'angle des pales est figé à la construction. Le régime moteur (RPM) varie directement avec la vitesse de l'avion et la puissance affichée — une seule manette (gaz) pilote tout.
- Pas variable
- Un régulateur ajuste automatiquement l'angle des pales pour maintenir le RPM choisi constant, quelle que soit la vitesse — une manette dédiée règle le RPM, indépendamment de la manette des gaz qui règle la pression d'admission.
- Pourquoi c'est mieux
- À chaque vitesse, il existe un angle de pale optimal pour le rendement. Le pas variable s'y ajuste en permanence ; le pas fixe est optimisé pour une seule configuration (souvent la croisière ou la montée).
Sur une hélice à pas fixe, accélérer l'avion revient à changer l'angle d'attaque de la pale par rapport à l'air relatif — exactement comme une aile — donc à changer sa résistance et le régime que le moteur peut atteindre. C'est pour ça que le RPM d'un avion à pas fixe monte en piqué et descend en montée, à puissance affichée constante.
Une panne de régulateur sur un pas variable ne fait pas revenir à un fonctionnement neutre : l'hélice se fige sur l'angle qu'elle avait au moment de la panne, et se comporte dès lors comme une hélice à pas fixe coincée sur ce réglage — qui n'est pas forcément adapté à la phase de vol en cours.
Pourquoi le RPM d'une hélice à pas fixe varie-t-il avec la vitesse de l'avion ?
Que fait le régulateur d'une hélice à pas variable ?
Une panne de régulateur bloque-t-elle l'hélice à pas variable dans une position neutre ? ⚠
Sur un avion à hélice à pas variable, combien de manettes pilotent le groupe motopropulseur, et que règle chacune ?
Une hélice à pas fixe peut-elle être optimale à la fois au décollage et en croisière ?
Carburant à emporter combien de litres mettre pour CE vol
- C'est quoi
- Avant chaque vol, on additionne le carburant nécessaire à chaque phase : roulage (mise en route, point fixe), montée, croisière, et la réserve réglementaire (revoir la station « Autonomie & réserve »). La somme donne le carburant minimum à emporter.
- Pourquoi une conso différente par phase
- La montée se fait à pleine puissance : consommation élevée. La croisière tourne à régime réduit : consommation économique. Le roulage est lent mais pas négligeable sur un vol court.
- La règle
- Total = Roulage + Montée + Croisière + Réserve. C'est un minimum : rien n'empêche d'emporter plus, mais jamais moins.
Ce calcul se fait avant le vol, sur le papier ou le calculateur de navigation — jamais en regardant simplement si la jauge « a l'air pleine ». Chaque phase a sa propre consommation : environ 40 L/h en montée (pleine puissance), 28 L/h en croisière (régime réduit), et un forfait fixe pour le roulage et la mise en route.
L'erreur classique est de ne mentalement additionner que la croisière — la phase la plus longue, donc la plus visible — en oubliant que le roulage et surtout la réserve pèsent souvent autant qu'une bonne partie du trajet lui-même sur un vol court.
Cas pratique — 100 NM de croisière, 6 min de montée, réserve de jour : combien de carburant emporter, sans calculette ? ⚠
Roulage (fixe) : 3 L.
Montée : 6 min = 1/10 d'heure. À 40 L/h, ça fait 40 ÷ 10 = 4 L.
Croisière : 100 NM à 100 kt = pile 1 heure (distance ÷ vitesse). À 28 L/h, ça fait 28 L.
Réserve de jour (30 min = 1/2 heure) : 28 ÷ 2 = 14 L.
Total : 3 + 4 + 28 + 14 = 49 L minimum à bord au décollage.
L'astuce à retenir : dès que tu peux, choisis (ou arrondis) une vitesse et une distance qui donnent une durée ronde — ici 100 NM ÷ 100 kt = 1 h pile — et tout le reste se calcule de tête en divisant par 10 (6 min) ou par 2 (30 min).