Pression & altimétrie l'altimètre ne mesure pas l'altitude, il mesure une pression
- Pourquoi on a besoin de ça
- Un plongeur sait à quelle profondeur il est sans règle graduée : il lit la pression de l'eau sur son manomètre, plus il descend, plus ça presse fort. L'altimètre fait pareil à l'envers, avec l'air : plus tu montes, moins l'air pèse au-dessus de toi, moins la pression est forte. L'instrument ne fait que traduire une pression en une altitude.
- C'est quoi
- Un baromètre gradué en pieds au lieu d'hectopascals. Il compare la pression de l'air dehors à une pression de référence que le pilote règle lui-même — c'est cette référence qui décide ce que « zéro » veut dire.
- Le réglage QNH
- La pression ramenée au niveau de la mer, donnée par le contrôle ou l'ATIS. Avec le QNH affiché, l'altimètre indique l'altitude réelle au-dessus du niveau de la mer — celle des cartes.
- Ce qui casse tout
- Si le réglage affiché est faux (oublié, périmé, mal lu), l'altimètre indique une altitude fausse alors que l'avion vole à sa vraie hauteur, inchangée. L'instrument ment, pas l'avion.
Retiens la règle de sécurité : « High to low, look out below » — quand tu voles d'une zone de pression forte vers une zone de pression plus faible (ou d'air chaud vers de l'air froid) sans recaler ton altimètre, l'instrument affiche plus haut que la réalité. Tu es plus bas que ce que tu crois, exactement quand le relief peut te surprendre.
Le QFE (pression au niveau du terrain) fait indiquer zéro pied au poser — pratique en local, mais dangereux si on confond QNH et QFE en changeant de terrain.
Que mesure réellement un altimètre ?
Que donne le réglage QNH ?
Que donne le réglage QFE ?
Le QNH réel chute de 10 hPa sans que tu recales ton altimètre. Que se passe-t-il ?
D'où vient la règle « high to low, look out below » ?
Combien de pieds d'erreur pour 1 hPa d'écart de réglage ?
Pourquoi utilise-t-on 1013,25 hPa (le « standard ») en croisière ?
L'avion vole à hauteur strictement constante. Le QNH réel augmente sans recalage. Que fait l'aiguille ?
Formation des nuages un nuage, c'est de l'air qui a atteint son point de rosée
- Pourquoi on a besoin de ça
- Un verre d'eau glacée se couvre de buée par une chaude journée : l'air autour du verre, en se refroidissant à son contact, ne peut plus retenir toute son humidité, qui se condense en gouttelettes sur la paroi. Un nuage naît exactement pareil : de l'air qui monte se refroidit, jusqu'à ne plus pouvoir retenir sa vapeur d'eau.
- C'est quoi, le point de rosée
- La température à laquelle l'air, en refroidissant, devient saturé — incapable de garder toute son humidité sous forme invisible de vapeur. En dessous, l'excès se condense en eau liquide visible.
- Comment l'air se refroidit en montant
- L'air qui monte se détend et se refroidit d'environ 2 °C tous les 1000 ft (tant qu'il reste sec). Plus l'écart entre température et point de rosée au sol est petit, plus la base des nuages est basse.
- Ce qui casse tout
- Si l'air est déjà saturé au sol (température = point de rosée), la condensation a lieu au niveau du sol lui-même : c'est le brouillard, pas un nuage en altitude.
Plus la température et le point de rosée sont proches au sol, plus les nuages se forment bas — et plus le risque de brouillard nocturne est élevé. C'est pour ça qu'un ciel dégagé et un vent calme au coucher du soleil, avec un fort taux d'humidité, sont un signal classique de brouillard de rayonnement à l'aube.
À l'inverse, un air sec (grand écart température/point de rosée) donne des bases de nuages hautes, voire un ciel totalement dégagé si l'air ne sature jamais avant le sommet de son ascension.
Qu'est-ce que le point de rosée ?
De combien l'air sec se refroidit-il en montant, par 1000 ft ?
Écart T − Td au sol de 8 °C. Base des nuages approximative ?
Que se passe-t-il si température = point de rosée dès le sol ?
Un ciel clair, air calme, forte humidité au coucher du soleil : quel risque pour l'aube ?
Air très sec (grand écart T − Td). Effet sur les nuages ?
Pourquoi un verre d'eau glacée se couvre-t-il de buée un jour d'été ?
Vent & cisaillement le vent ne souffle jamais pareil au sol et en altitude
- Pourquoi on a besoin de ça
- Une rivière coule plus vite au milieu que près des berges : le frottement contre la rive freine l'eau. L'air fait pareil contre le sol — le frottement de la surface (bâtiments, arbres, relief) freine et dévie le vent près du sol, alors qu'en altitude, rien ne le retient.
- C'est quoi
- Le gradient de vent : un changement de vitesse et/ou de direction du vent avec l'altitude, sur une distance verticale parfois très courte.
- Le cisaillement (wind shear)
- Un gradient brutal, concentré sur quelques dizaines à quelques centaines de pieds — le cas extrême et dangereux, surtout en approche finale.
- Ce qui casse tout
- En traversant une couche à fort cisaillement, la vitesse indiquée change brusquement sans que le pilote touche à rien — perte soudaine de portance si le vent arrière augmente ou si le vent de face chute.
En finale, descendre d'une couche à vent de face fort vers une couche plus calme fait chuter l'IAS d'un coup, même manche tenu droit — le classique « sink » en cisaillement. La parade : garder une marge de vitesse (souvent +la moitié du gradient de vent estimé) et être prêt à remettre les gaz.
Le cisaillement le plus violent apparaît sous un orage (rafale descendante, microburst) — hors du cadre de ce banc d'essai simplifié, mais la mécanique de base est la même : un brusque changement de vent que l'avion doit encaisser.
Pourquoi le vent est-il plus faible près du sol qu'en altitude ?
Qu'est-ce qu'un cisaillement de vent (wind shear) ?
En finale, tu perds 15 kt de vent de face en descendant dans une couche plus calme. Effet immédiat ?
Et si tu gagnes du vent arrière en descendant ?
Quelle marge de vitesse une pratique courante recommande-t-elle face à un cisaillement estimé ?
Où le cisaillement est-il le plus violent ?
Pourquoi une rivière coule-t-elle plus vite au centre que près des berges ?
Stabilité de l'atmosphère l'air peut vouloir remonter tout seul, ou refuser de bouger
- Pourquoi on a besoin de ça
- Une bille dans un bol revient toujours au fond si on la pousse — c'est stable. La même bille au sommet d'un dôme part en roulant dès qu'on la touche, et ne revient jamais — c'est instable. L'atmosphère se comporte pareil avec une bulle d'air qu'on pousse vers le haut.
- C'est quoi
- On compare la vitesse à laquelle une bulle d'air qui monte se refroidit (environ 2 °C/1000 ft si elle reste sèche) à la vitesse à laquelle l'air ambiant autour d'elle se refroidit avec l'altitude, ce jour-là.
- Air instable
- Si l'air ambiant se refroidit plus vite que la bulle qui monte, la bulle reste plus chaude — donc plus légère — que son environnement à chaque altitude : elle continue de monter toute seule. Résultat : cumulus, turbulence, orages.
- Air stable
- Si l'air ambiant se refroidit moins vite, la bulle devient plus froide que son environnement en montant : elle redescend se caler à sa hauteur d'origine. Résultat : air calme, mais nuages plats en couches, brume, pollution qui stagne au sol.
Une bulle d'air sec se refroidit d'environ 2 °C/1000 ft en montant. Une bulle déjà saturée (qui a atteint son point de rosée, station précédente) se refroidit plus lentement — environ 1 à 1,5 °C/1000 ft — car la condensation libère de la chaleur. C'est pour ça qu'un nuage qui se forme peut soudain devenir beaucoup plus instable qu'avant, et grossir verticalement très vite : c'est le mécanisme de base d'un cumulonimbus.
Une atmosphère stable n'est pas sans danger pour autant : elle favorise le brouillard, la brume de pollution qui stagne, et les nuages en couches plates qui bouchent la visibilité horizontale sans donner de turbulence.
Qu'est-ce qui rend l'atmosphère instable ?
De combien une bulle d'air sec se refroidit-elle en montant ?
Pourquoi une bulle d'air saturée se refroidit-elle plus lentement qu'une bulle sèche ?
Quel type de temps une atmosphère instable favorise-t-elle ?
Quel type de temps une atmosphère stable favorise-t-elle ?
Pourquoi un cumulus peut-il grossir très vite en cumulonimbus ?
Pourquoi une bille au sommet d'un dôme ne revient-elle jamais à sa position de départ ?
Le givrage de l'eau liquide, plus froide que 0 °C, qui gèle au contact de l'avion
- Pourquoi on a besoin de ça
- Une canette sortie du réfrigérateur, encore liquide en dessous de 0°C dans un congélateur mal réglé, gèle d'un coup si on la secoue ou qu'on la touche. L'eau d'un nuage peut rester liquide bien en dessous de 0 °C (« surfondue ») — et elle gèle instantanément au contact d'une surface froide comme l'aile.
- C'est quoi
- De l'eau liquide surfondue (entre 0 °C et environ −20 °C) qui gèle au contact du bord d'attaque de l'aile, de l'hélice ou du carburateur.
- Les deux conditions nécessaires
- De l'humidité visible (nuage, pluie, bruine) ET une température proche ou en dessous de 0 °C. Sans les deux à la fois, pas de givrage.
- Ce que ça casse
- Le givre déforme le profil de l'aile : la portance chute, la traînée augmente, le poids augmente — et l'angle de décrochage arrive bien plus tôt qu'attendu.
Le risque de givrage est maximal entre 0 °C et environ −10 °C : c'est la plage où l'eau surfondue est la plus abondante dans les nuages. En dessous de −20 °C environ, l'eau a déjà largement gelé en cristaux de glace avant de toucher l'avion, ce qui réduit (sans annuler) le risque.
La parade reste simple pour un avion léger sans dégivrage : éviter les nuages et la pluie dans cette tranche de température, ou changer d'altitude pour en sortir au plus vite si le givrage a déjà commencé.