PPL(A) Théorie
Niveau 1 · Atelier casser le plan de vol Niveau 2 · Approfondissement VOR, ADF, GPS, carburant Niveau 3 · Révision pièges & QCM
PPL(A) Théorie · Matière 7 / 9 · Niveau 2

Navigation

Cinq bancs d'essai de plus. Après l'estime et la carte, les instruments qui recalent la position en vol — et ce qu'il faut savoir de leurs limites avant de leur faire une confiance aveugle.

Méthode Même principe, un cran plus loin : faire dévier une aiguille de VOR, perdre le signal GPS, cumuler plusieurs segments de vol jusqu'à l'épuisement du carburant. Chaque station se termine par une banque de questions.
Niveau 1 · Atelier casser le plan de vol
01

Le VOR une balise qui diffuse 360 directions, comme les minutes d'une horloge

Change de radiale — pourquoi l'aiguille du CDI part-elle d'un côté plutôt que de l'autre ?
Le VOR, en clair
Pourquoi on a besoin de ça
Une horloge où chaque minute pointe une direction précise depuis le centre : le VOR fait pareil, mais avec 360 « radiales » au lieu de 60 minutes. L'instrument à bord dit simplement sur laquelle de ces 360 directions se trouve l'avion.
C'est quoi
Une balise au sol qui émet un signal directionnel exploitable dans les 360° autour d'elle. Chaque direction depuis la balise est une radiale, numérotée comme un cap (000° à 359°).
Le CDI et l'aiguille
Le pilote sélectionne une radiale (OBS). L'aiguille dévie à gauche ou à droite selon l'écart entre la radiale sélectionnée et la position réelle de l'avion.
TO / FROM
Un indicateur précise si suivre cette radiale rapprocherait (TO) ou éloignerait (FROM) l'avion de la balise.
360 DIRECTIONS DEPUIS LE CENTRE
Dans la vraie vie Une horloge : chaque minute pointe une direction précise depuis le centre. Le VOR fait pareil avec 360 radiales au lieu de 60 minutes.
TO
Radiale sélectionnée 000°
Position réelle 010°
Écart de radiale10 °
Léger L'aiguille dévie légèrement — l'avion est proche de la radiale sélectionnée.
l'aiguille indique où se trouve la radiale sélectionnée par rapport à l'avion, pas un cap à suivre directement

Le VOR reste fiable et précis à courte-moyenne distance, mais sa portée est limitée à la ligne de vue (radioélectrique) — le relief ou la courbure terrestre peuvent le masquer au sol ou à basse altitude.

Contrairement à l'ADF (station suivante), le VOR ne pointe pas directement vers la balise : il donne une radiale, une information de position relative bien plus riche.

Instrument CDI/OBI de VOR réel dans un Cessna 172, avec le drapeau NAV, le drapeau GS et la barre de déviation verticale
Le vrai cadran. L'aiguille verticale au centre est la barre de déviation : elle indique de quel côté se trouve la radiale sélectionnée. Les drapeaux NAV et GS confirment que le signal reçu est valide. Photo : Moribunt · CC BY-SA 2.5 · Wikimedia Commons (recadrée)
Mnémo Le VOR, c'est une horloge à 360 radiales. L'aiguille dit où est la radiale choisie par rapport à toi — elle ne pointe pas vers la balise comme un ADF.
Contrôle des connaissances6 questions
Qu'est-ce qu'une radiale VOR ?
RéponseUne des 360 directions possibles depuis la balise, numérotée comme un cap (000° à 359°).
Que fait l'aiguille du CDI quand l'avion s'écarte de la radiale sélectionnée ?
RéponseElle dévie vers le côté où se trouve la radiale sélectionnée par rapport à la position réelle.
Que signifie l'indication TO ?
RéponseQue suivre la radiale sélectionnée rapprocherait l'avion de la balise.
Le VOR pointe-t-il directement vers la balise, comme un ADF ?
RéponseNon — il donne une information de radiale (position relative), pas une direction directe vers la station.
Qu'est-ce qui limite la portée d'un VOR ?
RéponseLa ligne de vue radioélectrique — le relief ou la courbure terrestre peuvent masquer le signal, surtout à basse altitude.
Que règle le pilote avec l'OBS ?
RéponseLa radiale sélectionnée — la référence par rapport à laquelle l'aiguille indique l'écart.
02

L'ADF & le NDB une girouette qui pointe vers une balise, jamais vers le nord

Change le cap de l'avion sans bouger la balise — pourquoi l'aiguille du RBI ne bouge-t-elle pas comme un compas ?
L'ADF, en clair
Pourquoi on a besoin de ça
Une girouette ne pointe jamais vers le nord — elle pointe vers d'où vient le vent. L'aiguille de l'ADF fait pareil : elle pointe toujours vers la balise NDB, peu importe le cap de l'avion.
C'est quoi
Le NDB (Non-Directional Beacon) est une balise au sol qui émet dans toutes les directions, sans information de radiale. L'ADF est le récepteur à bord qui capte ce signal.
Le RBI
L'aiguille du RBI (Relative Bearing Indicator) indique le relèvement relatif : l'angle entre le nez de l'avion et la direction de la balise — pas un cap magnétique.
Différence clé avec le VOR
L'ADF pointe vers la balise ; le VOR donne une radiale (position relative bien plus riche). L'ADF est aussi plus sensible aux perturbations (orages, nuit).
POINTE VERS LA SOURCE, PAS LE NORD
Dans la vraie vie Une girouette pointe vers d'où vient le vent, jamais vers le nord. L'aiguille ADF pointe pareil, vers la balise NDB, quel que soit le cap de l'avion.
NEZ RBI 000°
Cap de l'avion 000°
Relèvement balise 045°
Casse la fiabilité
QDM (cap direct vers la balise)045°
Fiable Signal NDB stable — l'aiguille indique fidèlement la direction de la balise.
l'aiguille pointe vers la balise quel que soit le cap ; QDM = cap avion + relèvement relatif affiché

L'ADF est bien plus sensible aux perturbations que le VOR : orages (la foudre attire faussement l'aiguille), lever/coucher du soleil, et nuit peuvent tous dégrader sa précision de façon significative — une limite à connaître avant de lui faire confiance à l'aveugle.

Le QDM (cap magnétique direct vers la balise, vent nul) se calcule en ajoutant le relèvement relatif affiché au cap de l'avion.

Cadran ADF réel dans un Cessna 172, cadran gradué 0 à 33 avec une aiguille double pointant vers la balise NDB captée
Le vrai cadran. L'aiguille fine traverse tout le cadran et pointe vers la balise, quel que soit le cap affiché autour — exactement le principe testé dans le labo ci-dessus. Photo : Moribunt · CC BY-SA 2.5 · Wikimedia Commons (recadrée)
Mnémo L'ADF, c'est une girouette électronique : elle pointe vers la balise, pas vers le nord. Sensible aux orages et à la nuit — jamais aveuglément fiable.
Contrôle des connaissances6 questions
Vers quoi pointe l'aiguille du RBI ?
RéponseToujours vers la balise NDB, quel que soit le cap suivi par l'avion — comme une girouette.
Qu'est-ce que le relèvement relatif ?
RéponseL'angle entre le nez de l'avion et la direction de la balise — pas un cap magnétique en soi.
Comment calcule-t-on le QDM ?
RéponseCap de l'avion + relèvement relatif affiché sur le RBI.
Quelle est la principale différence entre ADF et VOR ?
RéponseL'ADF pointe directement vers la balise ; le VOR donne une radiale, une information de position relative bien plus riche.
Qu'est-ce qui peut perturber la précision d'un ADF ?
RéponseLes orages (la foudre attire faussement l'aiguille), le lever/coucher du soleil, et la nuit.
Le NDB transmet-il une information de radiale, comme le VOR ?
RéponseNon — il émet simplement dans toutes les directions, sans aucune information directionnelle propre à la balise.
03

Le GPS & ses limites précis, pratique — mais jamais infaillible

Fais perdre des satellites au récepteur — à partir de quand la position affichée n'est-elle plus fiable ?
Le GPS, en clair
Pourquoi on a besoin de ça
Un GPS de voiture qui perd le signal dans un tunnel continue d'afficher une position — de plus en plus fausse à mesure que le temps passe sans recalage. Le GPS avion a les mêmes limites, moins visibles mais tout aussi réelles.
C'est quoi
Un récepteur qui calcule sa position en triangulant le signal d'au moins 4 satellites simultanément — plus il y en a de disponibles, plus la position est précise et fiable.
Le RAIM
Un contrôle interne (Receiver Autonomous Integrity Monitoring) qui vérifie la cohérence des signaux reçus — s'il n'est pas satisfait, il alerte plutôt que d'afficher une position potentiellement fausse.
Ce qu'il ne remplace pas
Le GPS ne dispense jamais d'une préparation de vol papier (carte, calcul d'estime) — c'est un outil de confort et de secours, pas la seule source de navigation.
SIGNAL PERDU = POSITION DOUTEUSE
Dans la vraie vie Un GPS de voiture dans un tunnel continue d'afficher une position, de plus en plus fausse. Le GPS avion a les mêmes limites, à surveiller avec le RAIM.
Satellites captés 8
Précision estiméeBonne
RAIMDisponible
Fiable Assez de satellites pour une position précise et un contrôle d'intégrité actif.
en dessous de 4 satellites, le GPS ne peut plus calculer de position du tout

Sous 4 satellites, le GPS ne peut tout simplement plus calculer de position. Entre 4 et 5, une position peut s'afficher sans que le RAIM puisse garantir son intégrité — c'est justement le cas le plus piégeux : le récepteur affiche quelque chose, sans alerte, mais la confiance à y accorder a chuté.

La règle reste simple : le GPS est un outil précieux, mais la préparation papier (carte, estime, repères visuels) reste la référence de secours — jamais l'inverse.

Récepteur GPS Garmin GPS 150XL encastré dans la planche de bord d'un Cessna 172, à côté des radios NAV/COM
Un vrai récepteur de bord. Ce GPS panneau (Garmin GPS 150XL) est intégré juste au-dessus des radios NAV/COM — un boîtier de plus dans la pile d'avionique, pas un objet à part. Photo : Moribunt · CC BY-SA 2.5 · Wikimedia Commons (recadrée)
Mnémo Le GPS affiche toujours quelque chose, même quand il ne devrait pas y faire confiance. Le RAIM est le garde-fou — mais la carte papier reste le vrai filet de sécurité.
Contrôle des connaissances6 questions
Combien de satellites minimum pour calculer une position GPS ?
Réponse4 satellites simultanément.
Qu'est-ce que le RAIM ?
RéponseUn contrôle interne qui vérifie la cohérence des signaux reçus et alerte en cas de doute sur l'intégrité de la position.
Le GPS remplace-t-il la préparation de vol papier ?
RéponseNon — c'est un outil de confort et de secours, la préparation papier (carte, estime) reste la référence.
Pourquoi la situation à 4-5 satellites est-elle particulièrement piégeuse ?
RéponseLe récepteur peut afficher une position sans alerte alors que le RAIM ne peut plus garantir son intégrité — une fausse confiance.
Que se passe-t-il en dessous de 4 satellites captés ?
RéponseLe GPS ne peut plus du tout calculer de position.
Un GPS de voiture dans un tunnel illustre quoi, par analogie ?
RéponseQu'un récepteur peut continuer d'afficher une position de plus en plus fausse sans signal — exactement le risque du GPS avion sans RAIM fiable.
04

Plan de vol & carburant additionner plusieurs étapes, jamais oublier la réserve finale

Ajoute un troisième segment de vol — l'autonomie carburant tient-elle encore la route ?
Le plan de vol, en clair
Pourquoi on a besoin de ça
Un road trip en plusieurs étapes : chaque tronçon a sa distance, son temps, son essence consommée — et il faut toujours arriver à la pompe suivante avec de la marge, jamais pile à zéro. Le plan de vol cumule exactement les mêmes trois choses, étape par étape.
C'est quoi
La somme des temps et du carburant de chaque segment de route, plus une réserve finale obligatoire — jamais consommée en vol normal, seulement en cas d'imprévu.
La réserve
Généralement 45 minutes de vol en VFR de jour — un minimum réglementaire, pas une marge de confort à rogner.
TOUJOURS UNE RÉSERVE À L'ARRIVÉE
Dans la vraie vie Un road trip en étapes : chaque tronçon consomme du temps et de l'essence, mais on garde toujours une réserve — jamais pile à zéro à l'arrivée.
CARBURANT TOTAL EMBARQUÉ
Segment 1 60 NM
Segment 2 50 NM
Carburant embarqué 140 L
Temps total en route1h00
Carburant consommé100 L
Marge après réserve10 L
Suffisant Le carburant embarqué couvre les deux segments et la réserve réglementaire.
consommation de référence : 90 L/h · réserve réglementaire : 45 min

Un plan de vol ne s'arrête jamais à « ça devrait passer » : la marge après réserve doit être positive et confortable, pas un chiffre optimiste qui suppose un vent nul et un détour zéro. En cas de doute, on emporte plus de carburant ou on raccourcit le vol — jamais l'inverse.

Mnémo La réserve finale n'est jamais une variable d'ajustement — elle se calcule en dernier et ne doit jamais être entamée en vol normal.
Contrôle des connaissances6 questions
Quelle est la réserve carburant réglementaire typique en VFR de jour ?
Réponse45 minutes de vol, jamais consommée en usage normal.
La réserve peut-elle être réduite si le vol semble court et simple ?
RéponseNon — c'est un minimum réglementaire, pas une marge de confort ajustable selon la difficulté perçue du vol.
Que faire si le carburant calculé laisse une marge trop faible après réserve ?
RéponseEmporter plus de carburant ou raccourcir/modifier le vol — jamais réduire la réserve elle-même.
Sur un plan de vol à plusieurs segments, comment se calcule le carburant total nécessaire ?
RéponseLa somme du carburant de chaque segment, plus la réserve finale réglementaire.
Pourquoi le calcul carburant ne doit-il pas supposer un vent nul ?
RéponseUn vent de face réduit la vitesse-sol et allonge le temps de vol réel — donc la consommation réelle, par rapport à un calcul optimiste sans vent.
Que représente l'image du road trip à plusieurs étapes avec réserve d'essence ?
RéponseLe cumul de plusieurs segments de vol, chacun consommant du temps et du carburant, tout en gardant toujours une réserve à l'arrivée finale.
05

Recalage en vol comparer où l'on est vraiment à où l'on pensait être, puis recalculer

Repère un point au sol différent du plan — comment recalcules-tu le cap restant pour rejoindre la destination ?
Le recalage, en clair
Pourquoi on a besoin de ça
Marcher vers un arbre au loin les yeux fermés par intermittence : à chaque fois qu'on rouvre les yeux, on compare où l'on est vraiment à où l'on pensait être, et on corrige la direction. Le recalage en vol fait exactement pareil, avec des repères au sol à la place de l'arbre.
C'est quoi
Comparer la position réelle (identifiée sur un repère au sol reconnu) à la position estimée par le calcul — puis recalculer le cap et le temps restants à partir de cet écart.
Pourquoi c'est indispensable
Le vent réel n'est jamais exactement celui prévu au sol avant le vol — un recalage régulier rattrape cet écart avant qu'il ne devienne trop grand.
COMPARER, PUIS CORRIGER
Dans la vraie vie Marcher vers un arbre au loin en rouvrant les yeux de temps en temps pour corriger la direction. Le recalage en vol compare pareil position réelle et position estimée.
estimé réel
Écart latéral 15 NM
Nouvelle correction de cap6 °
ETA recalculéeinchangée
Léger Petit écart, correction mineure suffisante.
plus l'écart est repéré tôt, plus la correction de cap nécessaire pour la suite reste petite

Un recalage précoce (repéré tôt dans le vol) ne demande qu'une petite correction de cap pour la suite. Le même écart, repéré tard, proche de la destination, demanderait une correction bien plus brutale — d'où l'intérêt de recaler régulièrement, pas seulement en cas de doute.

Le recalage ne se limite pas au cap : il met aussi à jour l'heure d'arrivée estimée (ETA), essentielle pour la gestion du carburant et les contacts radio prévus en route.

Mnémo Recaler tôt et souvent coûte une petite correction. Recaler tard coûte une grosse correction, au pire moment du vol.
Contrôle des connaissances6 questions
Qu'est-ce que le recalage en vol ?
RéponseComparer la position réelle (identifiée au sol) à la position estimée par le calcul, puis recalculer le cap et le temps restants.
Pourquoi le recalage est-il indispensable même avec un bon calcul de vent au sol ?
RéponseLe vent réel en vol n'est jamais exactement celui prévu avant le décollage — le recalage rattrape cet écart.
Un écart repéré tôt demande-t-il une plus grosse ou plus petite correction qu'un écart repéré tard ?
RéponseUne plus petite correction — plus l'écart est détecté tôt, plus la correction nécessaire pour la suite reste modeste.
Le recalage ne concerne-t-il que le cap ?
RéponseNon — il met aussi à jour l'heure d'arrivée estimée (ETA), essentielle pour la gestion du carburant et les contacts radio.
Que représente l'image de marcher vers un arbre en rouvrant les yeux par intermittence ?
RéponseLe principe même du recalage : comparer régulièrement position réelle et position estimée, puis corriger la direction.
Faut-il recaler seulement en cas de doute sur sa position ?
RéponseNon — un recalage régulier, systématique, évite justement d'accumuler un écart qui deviendrait difficile à rattraper.