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Hypersustentateurs

Becs et volets : comment ils modifient Cz et Cx en même temps, leur effet sur la vitesse de décrochage, et le compromis qu'ils imposent au décollage.

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Les deux familles de dispositifs

BEC bord d'attaque VOLET de courbure

Les hypersustentateurs existent pour permettre de voler (et surtout de décoller/atterrir) à basse vitesse en toute sécurité, sans avoir besoin d'une aile immense en croisière — l'aile "normale" suffit en croisière rapide, les dispositifs viennent l'agrandir/la courber temporairement pour les basses vitesses.

Parmi les dispositifs hypersustentateurs, on peut citer les becs de bord d'attaque (petites surfaces mobiles à l'avant de l'aile) et les volets de courbure (surfaces mobiles à l'arrière de l'aile, les plus connus et les plus utilisés en aviation légère).

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Cz et Cx augmentent ensemble

L'utilisation des dispositifs hypersustentateurs a pour effet d'augmenter à la fois le coefficient de portance Cz ET le coefficient de traînée Cx — les deux montent ensemble, ce n'est pas un "cadeau" gratuit. La sortie des hypersustentateurs entraîne donc systématiquement l'augmentation du Cx de l'aile, en même temps que celle du Cz.

Ordre de grandeur Si le Cz de l'aile en configuration lisse (volets rentrés) vaut 1, l'ordre de grandeur du Cz avec becs et volets sortis est environ 2 — les hypersustentateurs peuvent quasiment doubler le Cz maximal disponible.
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L'effet sur la vitesse de décrochage

Le braquage des volets diminue la vitesse de décrochage — logique directe : plus de Cz disponible veut dire moins besoin de vitesse pour générer la même portance (rappel formule Rz = ½ρSV²Cz, page La portance).

À l'atterrissage, utiliser la configuration "volets sortis" (par opposition à "volets rentrés") permet de diminuer la vitesse d'approche, en diminuant la vitesse de décrochage. C'est le lien de cause à effet à retenir : volets → Cz↑ → Vs↓ → on peut approcher plus lentement, donc atterrir plus court et plus doucement.

Les courbes de sortie des volets typiques (par exemple 0°, 25°, 40°) correspondent respectivement à un taux de sortie croissant — plus l'angle de braquage est grand, plus l'effet (Cz et Cx) est important. Les derniers degrés de braquage ajoutent surtout du Cx sans beaucoup de Cz supplémentaire : un rendement décroissant en fin de course.

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Sortir les volets en vol

À partir d'un vol en palier stabilisé, si vous sortez les volets en maintenant l'assiette constante, à cet instant précis : la portance ET la traînée augmentent — les deux, ensemble, dès la sortie, avant même que le pilote n'ajuste quoi que ce soit d'autre.

En palier, à partir d'une vitesse stabilisée, une action de sortie des volets a pour conséquence une diminution de la vitesse indiquée, due à l'augmentation de la traînée de l'aile — si le pilote ne touche pas à la puissance, l'avion ralentit tout seul à cause du surcroît de Cx.

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Le piège du "trop de volets" au décollage

Au décollage, un braquage des volets plus important que celui recommandé (trop de volets) diminue la distance de roulement (Vs plus basse, décollage plus tôt) MAIS diminue aussi la pente de montée (beaucoup plus de traînée, moins de marge de puissance pour grimper).

Piège classique "Plus de volets" n'est pas toujours "mieux" — il y a un compromis. Décoller plus tôt avec trop de volets peut laisser l'avion incapable de monter correctement juste après, un peu comme le piège de l'effet de sol (page Effet de sol).
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Effet sur la consommation de carburant

L'utilisation des dispositifs hypersustentateurs entraîne une augmentation de la consommation de carburant — plus de traînée veut dire plus de puissance nécessaire pour maintenir la même vitesse ou trajectoire, donc plus de carburant brûlé.

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Récapitulatif par configuration

ConfigurationCz max approx.VsCx / traînée
Lisse (volets rentrés)1la plus élevéela plus faible
Volets décollage (partiels)intermédiaireréduitemodérée
Volets atterrissage (pleins)≈ 2la plus basse (Vs0)la plus forte