PPL(A) Théorie · Principes du vol · PPL — Base de connaissances

La portance

La force qui soulève l'avion : d'où elle vient, sa formule, ses 5 facteurs de variation, et les deux points d'application qu'on confond souvent — le foyer et le centre de poussée.

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Vent relatif, corde et incidence

VENT RELATIF (∥ TRAJECTOIRE) CORDE α α = INCIDENCE — angle corde ↔ vent relatif

Avant de parler de portance, deux définitions dont on va se servir tout le temps. La corde du profil, c'est la ligne droite imaginaire qui va du bord d'attaque (l'avant de l'aile) au bord de fuite (l'arrière). Le vent relatif, c'est l'air vu depuis l'avion — comme en soufflerie, on imagine l'aile immobile et l'air qui souffle dessus ; il est toujours parallèle à la trajectoire de l'avion, dans le sens opposé.

L'angle d'incidence (souvent noté α), c'est l'angle formé entre la corde et le vent relatif (donc entre la corde et la trajectoire). C'est ce seul angle qui gouverne la portance.

Précision importante L'incidence n'est ni l'angle par rapport à l'horizon, ni l'angle par rapport au sol — uniquement par rapport au vent relatif. Ne la confonds pas avec l'assiette (angle entre l'axe du fuselage et l'horizon) : les deux se ressemblent mais ne sont égales que dans un cas précis. La nuance est détaillée sur la page Montée, descente, vol plané.
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La portance : perpendiculaire au vent relatif

VENT RELATIF Résultante Traînée Portance ⊥ à angle droit avec le vent

L'aile qui avance dans l'air produit une force globale, appelée résultante aérodynamique. On la décompose toujours en deux morceaux, définis par rapport au vent relatif (jamais par rapport au sol ou à l'horizon) : une partie parallèle au vent relatif (la traînée, qui freine), et une partie perpendiculaire — à angle droit, 90° — au vent relatif. Cette deuxième partie, c'est la portance.

Portance perpendiculaire au vent relatif, c'est strictement la même idée que portance perpendiculaire au vecteur vitesse de l'avion — le vent relatif et la vitesse de l'avion pointent sur le même axe, juste en sens opposés.

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La formule de la portance et ses 5 facteurs

Rz = ½ · ρ · S · · Cz

La portance (Rz) et la traînée dépendent exactement des 5 mêmes facteurs, ni plus ni moins — les voici, avec leur rôle dans la formule.

FacteurSymboleRôle dans Rz
Masse volumique de l'airρ1,225 kg/m³ au niveau de la mer — air standard (page Atmosphère)
Vitesse du vent relatifVcompte au carré (V²) — station suivante
Surface de l'aileSplus de surface portante, plus de force
Incidence de l'ailevia Czfait varier le coefficient Cz
Forme du profilvia Czfait varier le coefficient Cz
Ton mémo ρ, V, S, incidence, forme — cinq facteurs, pas un de plus. Rien d'autre n'entre dans le calcul de Rz (ni de Rx).
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Le rôle de la vitesse : V au carré

VITESSE (V) ×1 ×3 PORTANCE (Rz) ×1 ×9 V × 3 → V² × 9 → Rz × 9

La portance (et la traînée) varie comme le carré de la vitesse. Double la vitesse, la force est multipliée par 4 (2² = 4). Exemple concret : en soufflerie, si on triple la vitesse du vent relatif sur un profil, sa portance est multipliée par 9 (3² = 9) — pas par 3.

À incidence constante, les deux forces bougent toujours ensemble avec la vitesse, puisque V² est dans les deux formules : augmenter la vitesse augmente la portance et la traînée ; diminuer la vitesse les diminue toutes les deux.

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Le rôle du coefficient de portance Cz

INCIDENCE → ↑ Cz décrochage →
INCIDENCE → ↑ Cz plus cambré moins cambré

Le coefficient de portance Cz dépend de trois choses seulement : l'incidence, l'état de surface de l'aile (propre et lisse, ou sale et givrée) et la forme du profil. Il ne dépend ni de la surface alaire S ni de la vitesse V — ce sont des facteurs séparés dans la formule, pas des composantes de Cz.

Toutes choses égales par ailleurs, plus la courbure (le "bombé") du profil est importante, plus le Cz est fort à incidence égale — un profil très cambré porte plus qu'un profil plat.

Cz monte avec l'incidence jusqu'à un maximum, puis s'effondre : c'est le décrochage, détaillé sur sa propre page. Ce qu'il faut retenir ici : toutes choses égales par ailleurs, quand l'incidence diminue progressivement, le Cz diminue, donc la portance diminue — et la traînée diminue avec elle (tant qu'on reste loin du décrochage).

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D'où vient la portance : extrados et intrados

EXTRADOS — accélère, dépression INTRADOS — pression ASPIRATION 3/4 PRESSION 1/4

Sur l'extrados (le dessus de l'aile), l'air est forcé d'accélérer pour contourner la bosse du profil — c'est l'effet Venturi, vu en détail sur la page Écoulement de l'air. Or vitesse qui monte veut dire pression qui chute : cette dépression "aspire" l'aile vers le haut. Sur l'intrados (le dessous), c'est de la pression classique qui pousse par en dessous.

La répartition exacte : 3/4 (75%) de la sustentation vient de l'aspiration au-dessus, et 1/4 (25%) seulement de la pression en dessous.

Retiens La portance, c'est d'abord une histoire d'aspiration par le dessus (3/4), pas de poussée par en dessous (1/4 seulement).
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Incidence de portance nulle : profils symétriques et dissymétriques

SYMÉTRIQUE, i=0° → Rz = 0 les deux côtés se compensent
DISSYMÉTRIQUE, i=0° → Rz > 0 il faut piquer un peu pour l'annuler

Sur un profil symétrique (même courbure dessus et dessous) à incidence nulle (l'aile bien face au vent, ni cabrée ni piquée), la portance est nulle — logique : rien ne pousse plus d'un côté que de l'autre.

Sur un profil biconvexe dissymétrique (plus courbé dessus que dessous — le cas normal d'une aile d'avion), l'incidence de portance nulle n'est pas 0° mais un angle légèrement négatif. La forme même du profil crée un peu de portance même sans incidence positive ; il faut piquer légèrement (incidence négative) pour l'annuler complètement.

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Le foyer et le centre de poussée

FOYER — point fixe même position, quelle que soit l'incidence

Le foyer est le point d'application des variations de portance sur le profil. Par définition, c'est un point fixe : il ne bouge pas quand l'incidence change, quel que soit le profil (symétrique ou non).

Le centre de poussée est différent : c'est le point où s'applique réellement toute la résultante aérodynamique à un instant donné. Sur un profil symétrique, ce centre de poussée est lui aussi fixe — il ne se déplace pas quand l'incidence varie. C'est une particularité propre au profil symétrique.

Ne pas confondre Le foyer est toujours fixe, sur n'importe quel profil — c'est une convention aérodynamique. Le centre de poussée, lui, se déplace généralement avec l'incidence sur un profil dissymétrique (le cas normal d'une aile) ; il n'est fixe que dans le cas particulier du profil symétrique.
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Cz et Cx : deux grandeurs très différentes

Cz Cx Cz au moins ×10 plus fort que Cx, en ordre de grandeur

Les valeurs du Cz et du Cx sont très différentes en ordre de grandeur : le Cz est au moins dix fois plus fort que le Cx. Autrement dit, à Cz normal, une aile porte beaucoup plus qu'elle ne freine — c'est tout l'intérêt d'un profil d'aile bien dessiné.